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L’ÉPOUX DE RACHEL


Je recherche ton visage, je l’ai vu ce matin


Blanc, rempli de larmes, contenant la douleur De l’humanité meurtrie. Tu étais là, désespéré, La peine alourdissant tes épaules, Ton mince chandail resté sur toi si longtemps Prenait l’air de t’épouser, remplaçant ta compagne Violée, battue, torturée, tuée.


Je recherche ton visage, je l’ai vu ce matin Dans cette désolation, j’ai perdu mon chemin Et tu t’es éloigné, tes minces épaules Ne savaient plus que trembler Reste, reste que je ne t’oublie pas… Je te sais de Gaza, mais aussi du Burkina Faso, De Somalie, du Soudan, de la Birmanie, De l’Ukraine, du Nigeria, de la Syrie, du Yémen.


Reste, reste que je ne te mêle pas Je te sais de Gaza, mais ton affliction parle des autres Ton corps raidi d’angoisse s’est arrêté lentement.


Tu te tiens sur place, ne sachant plus que faire Tes larmes forment des sillons déjà creusés d’effroi Ta prunelle s’enfonce et voudrait reculer Et tes bras nus ne servent plus à rien. Je recherche ton visage, je l’ai vu ce matin Tu ressembles à mes fils, j’aimerais te bercer


Te redonner l’éclat de ta vie d’avant-guerre, Éprouvante et pénible, mais habitée des tiens. Tu ressembles à mes fils, j’aimerais te bercer Comme la terre entière, salie et méprisée Là, je prendrais ta main pour effacer sur elle Blessures et désespoir. Ensuite je l’étendrais


Et la tenant toujours, la porterais doucement Pour qu’elle effleure Gaza, le Burkina Faso,


Qu’elle caresse la Somalie, le Soudan, la Birmanie, Qu’elle serre l’Ukraine, le Nigeria, la Syrie, le Yémen.


Pourrions-nous toi et moi, quelques autres de choix, Chanter un hymne doux pour apaiser le globe Ainsi refaire les liens et soigner les enfants Et ensuite enfin, s’ouvrir à la promesse Qu’avait reçue Rachel il y a éternité. Retiens ta voix de pleurer, tes yeux de verser des larmes Tes fils reviendront du pays de l’ennemi. Ainsi dit l’Éternel. Nous sommes deux à bercer.