Extraits de « L’altra faccia della luna » Journal du Centre des femmes italiennes de Montréal Décembre 2006 D. Rita, comment s'est fait ce passage du travail d'infirmière à l'écriture? R. J’ai commencé à écrire de la poésie à 11 ans. Lorsque j’étais infirmière, j’écrivais beaucoup. Ainsi, quand mon mari et moi avons eu une première petite fille, j’ai voulu demeurer avec elle quelques années. Après la naissance de nos deux fils, j’ai commencé à écrire sur une base professionnelle. La halte professionnelle que j’avais faite, m’a aidée à prendre un peu de recul et j’ai appris à écrire du théâtre, des romans jeunesse et ensuite des romans historiques. J’ai travaillé quelques années comme agente de pastorale mais je n’ai pas laissé l’écriture et les activités connexes : la radio, les animations de groupe, les conférences, etc. D. Ton dernier travail est un roman sur la mémoire familiale et l'histoire de l'immigration. Pourquoi ce besoin d'évoquer et reconstruire l'histoire de ton père? R. La première raison est que dès ma plus tendre enfance, j’ai considéré mon père comme un héros… La seconde raison n’est peut-être pas plus rationnelle mais avec sa mort, j’ai réalisé que ce qu’il avait vécu se perdrait. Les gens de sa génération vieillissaient et il ne me restait que deux tantes pour m’aider à recueillir les souvenirs… J’ai donc rassemblé ceux-ci, et aussi ceux des récits qu’il m’avait faits ; j’ai commencé des recherches dans les bibliothèques et les endroits spécifiques à l’immigration et confronté ce qui montait à mon coeur. J’étais convaincue de l’importance du devoir de mémoire pour toutes ces personnes qui avaient fait preuve d’un courage immense, non seulement mon père mais tous ceux qui partaient sans savoir ce qu’ils affronteraient, sans avoir assez de connaissance pour faire face à ce qu’ils devaient expérimenter… D. Tu écris aussi pour les enfants. Quelle est la différence dans tes réflexions et ton travail d'écriture par rapport aux compositions pour adultes? R. Finalement, je soulignerais d’abord ce qui se ressemble entre mes écrits pour adultes et ceux pour enfants : je veux toujours apporter ma petite goutte d’eau à la mer de l’humanité… Je veux écrire pour dénoncer les injustices et les iniquités, pour aider ceux qui souffrent, être solidaire des enfants de pays en voie de développement, de ceux des pays riches, des adultes qui souffrent sur toute la planète. Je sais que je ne changerai pas les choses mais j’aurai peut-être contré le silence… La différence lorsque je m’adresse à des enfants est que mon enseignement est enrobé d’aventures et d’histoires fantaisistes. D. Tu es aussi engagée en tant qu'artiste, pour la paix, pourquoi? R. Comme artiste, être engagée pour la paix, veux dire à mes yeux un peu la même chose que ce que j’expliquais plus haut : se sentir solidaire des peuples qui souffrent partout dans le monde, dénoncer les injustices, les décisions des grands qui oublient parfois les conséquences qui découlent directement de leurs décisions conduites par le besoin de pouvoir et d’argent. Je crois que les oeuvres des artistes pour la paix rompent le silence, donnent une voix à ceux qui n’en ont pas. L’ALTRA FACCIA DELLA LUNA Journal du Centre des femmes italiennes de Montréal 1586, rue Fleury Est, porte 100 Montréal (Québec) H2C 1S6 Tél. : (514) 388-0980. Téléc. : (514) 388-1638 |