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MON AMIE LILÀ / LA MIA AMICA LILÀ

MON AMIE LILÀ

La première fois que je l’ai rencontrée, Lilà participait à un groupe littéraire. Comme les autres membres, elle avait lu un livre et s’exprimait sur le récit qu’il contenait, pratiquant ainsi le français. Le roman n’était qu’un prétexte. La langue de Molière prend une modulation fine lorsqu’elle est prononcée par les personnes nouvellement arrivées à la bibliothèque.

Mon amie Lilà vient de la Syrie. Tandis qu’on l’observe bien, on peut voir un peu de son pays à travers son regard. On y aperçoit le conflit, la douleur, la déportation, le peuple entier en quête d’un avenir qui ait du sens…

Puisque la situation inhumaine de sa contrée n’en a plus.

Elle n’a plus de sens car la désolation générale d’un lieu qu’elle aime toujours, ne peut véritablement quitter un instant son esprit ; du fait que la haine, pulsion maudite de la guerre, est inconcevable pour elle et les siens ; du fait que la souffrance des hommes, des femmes et des enfants qui ont été son unique univers durant de longues années, ne donne rien d’autre qu’une affliction toujours présente.

Présente dans les yeux de Lilà…

Lilà chante les mélodies de son pays, tape des mains au rythme des musiques. Attentive à tous, elle accueille sans effort, partage, écoute, échange. Elle cuisine et offre. Elle badine, rit et bavarde mais son cœur demeure lourd à jamais.

En Syrie, le conflit est d’une violence tellement inouïe qu’il a pris le visage de la démence, dit Le Figaro dans un article datant du début de 2015.[1]

En pensant à Lilà ce matin, j’appelle de tous mes vœux la possibilité que nous puissions prendre une part de sa préoccupation. Que nous placions dans son iris un peu de notre compassion, que nous maquillions son œil d’une teinte de la paix dont nous rêvons pour elle…

  • J’aspire Lilà à ce que vous soyez un peu mieux  en sachant que vous ne pouvez l’être si le déséquilibre de la violence perdure en Syrie.  Je souhaite que cette folie meurtrière se calme et que les êtres déchaînés redeviennent humains. Je fais le vœu que les petits Syriens n’aient plus à se battre, qu’ils ne soient plus esclaves, qu’ils ne trouvent plus la mort, ne vivent plus la torture. Je demande la paix…

Je demande la paix…

Parce que les nombreuses hostilités de la guerre sont bien pires lorsqu’on les perçoit à partir de l’âme blessée de quelqu’un que l’on connait et que…

J’aimerais vraiment alléger ce que discernent vos pupilles lorsqu’elles voient au-dedans en pensant à ceux que vous avez laissés là-bas.

  • Lorsque l’on vous observe bien Lilà, on peut voir un peu de votre pays à travers votre regard. Laissez-moi y ajouter des bourgeons afin qu’ils prennent racine au Québec et fleurissent chez vous jusqu’à la réconciliation.

 

 

 

LA MIA AMICA LILÀ

La prima volta che l’ho incontrata, Lilà partecipava a un gruppo letterario. Come gli altri membri, aveva letto un libro e si esprimeva sul suo contenuto, facendo pratica così del francese. Il romanzo non era che un pretesto. La lingua di Molière prende una modulazione delicata quando è pronunciata da persone arrivate da poco alla biblioteca.

La mia amica Lilà viene dalla Siria. Quando la si osserva bene, si può vedere un po’ del suo paese attraverso il suo sguardo. Vi si scorge il conflitto, il dolore, la deportazione, l’intero popolo alla ricerca di un futuro che abbia senso …

Poiché la situazione inumana del suo paese non ne ha più.

Lei non ha più senso, perché la desolazione generale di un luogo che lei ama per sempre non può davvero lasciare il suo spirito per un solo istante : il fatto che l’odio, pulsione maledetta della guerra, è inconcepibile per lei e per i suoi ; il fatto che la sofferenza degli uomini, delle donne e dei bambini che sono stati il suo unico universo per lunghi anni non dà niente altro che un’afflizione sempre presente.

Presente negli occhi di Lilà …

Lilà canta le melodie del suo paese, batte le mani al ritmo della musica. Attenta a tutto, accoglie senza sforzo, condivide, ascolta, scambia. Cucina e offre. Lei scherza, ride e chiacchiera, ma il suo cuore resta pesante per sempre.

In Siria, il conflitto è di una violenza talmente inaudita che ha preso il volto della pazzia, dice Le Figaro in un articolo in data dell’inizio del 2015.

Pensando a Lilà stamattina, invoco con tutte le mie forze la possibilità che noi possiamo prendere una parte della sua preoccupazione. Che mettiamo nei suoi occhi un po’ della nostra compassione, che li coloriamo del colore della pace che sognamo per lei …

  • Aspiro a che Lilà possa sentirsi un po’ meglio, sapendo che non potrà esserlo se lo squilibrio della violenza continuerà in Siria. Mi auguro che questa follia omicida si calmi e che gli esseri scatenati tornino a essere umani.

Faccio l’augurio che i piccoli siriani non debbano più combattere, che non siano più schiavi, che non trovino più la morte, non vivano più la tortura.

Domando la pace …

Perché le numerose ostilità della guerra sono molto peggiori quando le si percepisce con l’anima ferita da qualcuno che si conosce e che …

Vorrei davvero alleggerire ciò che percepiscono le sue pupille quando vedono all’interno pensando a coloro che lei ha lasciato laggiù.

  • Quando la si osserva bene, Lilà, si può vedere un po’ del suo paese attraverso il suo sguardo. Lasci che io vi aggiunga delle gemme perché mettano radici nel Québec, e fioriscano nel suo paese sino alla riconciliazione.

 

 

 

[1] Le terrible décompte de la barbarie en Syrie. http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/02/01003-20150102ARTFIG00248-le-terrible-decompte-de-la-barbarie-en-syrie.php

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