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LA SAMARITAINE /LA SAMARITANA

La Samaritaine,

JEAN 4, 1-42

 

Je n’y peux rien, j’aime les grandes femmes. Celles à qui on repense longtemps après les avoir rencontrées, celles qui laissent leur marque, alors qu’elles recherchent Dieu obscurément, sans même en être conscientes…

Au temps de Jésus, les Samaritains sont considérés par les Juifs comme des gens impurs, des personnes non aimées de Dieu. Dans la société romaine, les femmes elles, sont vues comme des bêtes parlantes ; elles ont peu de valeur…

Ce jour-là, après avoir beaucoup marché, Jésus s’arrête au bord du puits, fatigué… Il aurait pu emprunter un chemin conventionnel mais peut-être à cause des désaccords qui l’opposent aux Juifs, a-t-il préféré longer les voies piétonnières de la Samarie sachant fort bien qu’il bravait ainsi les interdits. Le puits où il se repose représente-t-il la profondeur spirituelle convoitée par celle qu’il attend alors que son propre épuisement dit sa fragilité humaine ?

Ce qui m’émerveille dans ce récit, c’est l’image de ce Jésus harassé devant une femme victime d’exclusion alors même que son propre message, son choix de vie, le rend également exclu, forcé de quitter la Judée, contraint de se défendre des nombreux rejets. Jésus, lui-même ostracisé…

C’est presque toujours à ce moment de ma réflexion que je me permets quelque chose d’un peu fou, en fait je ne peux m’en empêcher… Je saute dans leur réalité et m’empresse de me cacher. Ils sont devant moi au premier plan et je vois l’épuisement sur les traits de mon maître. Je remarque pareillement la fierté dans les yeux de la Samaritaine, hardiesse blessée par une accumulation de manques d’amour…

J’ai envie de demander à la femme pourquoi elle n’est pas venue puiser à l’aube avec ses compagnes, est-elle aussi rejetée de sa vie communautaire ?

Lorsque Jésus lui dit : J’ai soif, je m’efforce de ne pas le voir déjà sur la croix et je me ramène à leur réalité. Il choisit d’avoir besoin d’elle et je me sens personnellement interpellée.

Il renverse la situation et réclame qu’elle lui dise qui elle est. Voilà pourquoi j’aime les grandes femmes, les vraies, les inconnues, celles dont on ne parle pas et qui sont un million de fois victimes d’exclusion… La Samaritaine se pointe encore dans notre société, elle est immigrante ou pauvre, instruite ou illettrée, femme mariée, célibataire, divorcée ou homosexuelle, femme ancienne ou toute jeune, féministe ou soumise, femme prostituée, soldate ou esclave.

Femme.

Femme debout, remise en route par Jésus qui lui répond : « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

Ce récit me passionne, il y aurait tant à dire sur cette femme, sur les femmes…

Lorsqu’elle lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »

Jésus lui confie : « Moi qui te parle, je le suis. »

Pour la première fois, il annonce sa mission. La personne à qui il l’avoue est une exclue semblable à tous les bannis de l’histoire humaine.

J’aime les grandes femmes. Celles à qui on repense longtemps après les avoir rencontrées, alors qu’elles recherchent Dieu obscurément, sans même en être conscientes…

Elles ressemblent à l’humanité.

Selon moi, Jésus les choisit sans cesse encore maintenant.

La Samaritana

GIOVANNI 4, 1-42

 

Non posso farci niente, mi piacciono le grandi donne. Quelle cui si ripensa a lungo dopo averle incontrate, quelle che lasciano il segno, mentre cercano Dio oscuramente, senza neanche esserne coscienti …

Al tempo di Gesù, i Samaritani sono considerati dagli Ebrei come gente impura, persone non amate da Dio. Nella società romana, le donne sono viste come bestie parlanti ; hanno poco valore …

Quel giorno, dopo aver camminato a lungo, Gesù si ferma vicino a un pozzo, affaticato … Avrebbe potuto prendere una strada convenzionale ma forse a causa del disaccordo che l’opponeva agli Ebrei ha preferito percorrere le strade pedonali della Samaria sapendo molto bene che così sfidava i divieti. Il pozzo vicino cui si riposa rappresenta la profondità spirituale desiderata da colei che lui aspetta proprio quando il suo stesso affaticamento dice la sua fragilità umana ?

Ciò che mi stupisce in questo brano è l’immagine di questo Gesù spossato davanti a una donna vittima d’esclusione, proprio quando il suo stesso messaggio, la sua scelta di vita, lo rende ugualmente escluso, obbligato a lasciare la Giudea, costretto a difendersi dai rifiuti numerosi. Gesù, lui stesso ostracizzato …

È quasi sempre a questo punto della mia riflessione che mi permetto qualcosa di un po’ folle, in realtà non posso impedirmelo … Mi slancio nella loro realtà e mi affretto a nascondermi. Sono davanti a me, in primo piano, e vedo la stenchezza sul viso del mio maestro. Noto ugualmente la fierezza negli occhi della Samaritana, audacia ferita da un ripetersi di carenze d’amore …

Ho voglia di domandare alla donna perché non è venuta ad attingere all’alba, con le sue compagne, è rifiutata anche nella sua vita in comunità ?

Quando Gesù le dice : ho sete, mi sforzo di non vederlo già sulla croce e mi riporto alla loro realtà. Lui sceglie di aver bisogno di lei, e mi sento interpellata personalmente.

Lui rovescia la situazione e pretende che lei gli dica chi è. Ecco perché mi piacciono le grandi donne, quelle vere, quelle sconosciute, quelle di cui non si parla e che sono un milione di volte vittime d’esclusione … La Samaritana spunta ancora nella nostra società, è immigrante o povera, istruita o illetterata, sposata, nubile, divorziata o omosessuale, anziana o giovanissima, femminista o sottomessa, prostituta, soldato o schiava.

Donna.

Donna in piedi, rimessa in cammino da Gesù che le dice : « Se tu sapessi il dono di Dio, se conoscessi colui che ti dice : ‘dammi da bere’, sei tu che glielo avresti chiesto, e lui ti avrebbe dato dell’acqua viva ».

Questo brano mi appassiona, ci sarebbe tanto da dire su questa donna, sulle donne …

Quando lei gli dice : « So che deve venire, il Messia, colui che chiamano il Cristo. Quando verrà, è lui che ci farà conoscere tutte le cose ».

Gesù le confida : « Io che ti parlo,  sono io quello ».

Per la prima volta lui annuncia la sua missione. La persona cui lo confessa è un’esclusa simile a tutti gli esuli della storia umana.

Mi piacciono le grandi donne. Quelle cui si ripensa a lungo dopo averle incontrate, mentre cercano Dio oscuramente, senza neanche esserne coscienti …

Esse assomigliano all’umanità.

Secondo me, Gesù le sceglia senza posa anche adesso.

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