Dieu Théologie

Comment rencontrer Dieu ? Par Sœur Michèle Jeunet Rc – Invitée d’honneur

Pour la première fois, j’accueille une collègue sur mon blog! Sœur Michèle Jeunet se raconte :

 

« Je suis française, née à Paris en 1950. Mes parents n’étant pas croyants, je n’ai pas été baptisée ni catéchisée. Je me suis convertie grâce à une amie chrétienne et j’ai reçu le baptême à l’âge de 18 ans. »

 

Elle a aussi un blogue : http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/  dont la description se lit comme suit : « Etre heureuse, avoir plein d’idées et de projets, avoir une parole libre, …et être « bonne sœur », c’est possible! »

 

Religieuse du Cénacle à Versailles, elle parle de l’importance de se sentir aimé-e de Dieu. Détentrice d’une maîtrise en théologie, son rôle de bloggeuse lui permet de rejoindre les gens dans leur quotidien.

 

« Je crois très fort, dit-elle, qu’ordonner des femmes serait une puissante forme de renouveau, cela enrichirait le ministère de la façon féminine de le vivre. »

Comment rencontrer Dieu ?

Ce qui vient spontanément à l’esprit ce peut être : dans sa parole, dans l’oraison, dans les sacrements, dans les autres, dans la création…

 

Et on oublie un autre lieu d’accès à Dieu qui est soi-même.

 

Un des lieux d’accès à Dieu, c’est moi-même. Une des portes, c’est d’abord soi-même. Pour que vous ne pensiez pas que je suis dans la totale hérésie, je vais vous citez 1 texte biblique fondamental : Gn 1/27 « Dieu créa l’Homme à son image à l’image de Dieu, il les créa, homme et femme il les créa »

 

Une sculpture de la cathédrale de Chartres montre le Christ créant Adam et le visage d’Adam ressemble à celui du Christ : le modèle, le prototype, c’est le Christ et chacun-e de nous est fait à son image, lui ressemble. On ne prend pas assez conscience de ce qui est dit là dans ce verset de la Genèse : Ce que Dieu a, il me le donne, ce qu’il est, il me le donne

 

Cette création à son image n’est pas une action du passé, c’est maintenant pour chacun-e  que Dieu nous crée, en ce moment, il nous crée, c’est un acte définitif, à jamais, un don qui ne se reprend pas, Dieu ne reprend jamais ses dons.

 

Il s’agit pour nous de prendre conscience que j’existe, c’est prendre conscience de Dieu qui ne cesse de me créer. J’existe par don. Donc la première rencontre avec Dieu, c’est tout simplement goûter la vie qui vient de lui. Goûter, la vie, la recevoir comme un cadeau. Vivre le moment présent : se rendre compte de l’inouï du cadeau : je vis, je marche, je vois, j’entends, je parle, etc.

 

Tout cela est rencontre de Dieu, à travers ses dons, je rencontre le donateur.

 

En goûtant ces dons, je fais plaisir au donateur. Aimer la vie, c’est louer Dieu.

 

Il s’agit ensuite de prendre conscience que je suis aimé d’un amour inconditionnel

 

Je n’ai rien à prouver, je n’ai rien à mériter : tout m’est donné. La seule chose à faire c’est d’accueillir le don, de se laisser aimer, se laisser sauver, de se laisser faire.

 

Tel-le que je suis, je suis aimable aux yeux de Dieu

 

Vous pouvez peut-être penser qu’il a mauvais goût mais cela ne changera rien à l’affaire, vous ne changerez pas son choix, sa décision de vous aimer !

 

Quel que soit l’idée que vous vous faites de vous-même, lui, Dieu ne changera pas d’idée : vous êtes à jamais le disciple qu’il aime. En St Jean : « le disciple que Jésus aimait ». On ne dit pas le nom de ce disciple pour une raison simple : ce disciple c’est chacun-e de nous, et son prénom, c’est le nôtre.

 

S’accueillir comme il nous accueille, se voir comme il nous voit, s’aimer comme il nous aime, se recevoir comme il nous reçoit

C’est à dire :

Se vivre, se comprendre, s’estimer comme

-désiré du cœur de Dieu

-d’origine divine sortant à chaque instant de ses mains

 

Non pas le fruit du hasard destiné au néant mais le fruit d’une volonté aimante faite pour la vie éternelle

 

Une autre manière d’accueillir sa vie comme un don de Dieu, c’est la prière de gratitude

 

Cela peut se faire de temps en temps

 

En s’interrogeant devant Dieu : « comment, Seigneur » tu t’es donné à moi à travers les autres ?

 

Cette prière, au début, quand on n’a pas l’habitude, ne sera qu’un petit filet d’eau, mais peu à peu il pourra devenir torrent !

 

Des camions de merci !

 

C’est faire l’expérience de l’aveugle qui recouvre la vue et qui voit enfin : voir la sollicitude de Dieu dans la sollicitude dans les autres.

 

Voir ce dont je suis bénéficiaire.

 

Prendre conscience de tout ce que je reçois du travail des autres : la maison où j’habite, les vêtements que je porte, les objets que j’utilise, les moyens de transports que je prends. Derrière tout cela il y a toujours des gens, du temps, du travail, de la créativité, de l’amour au sens objectif du terme : aimer c’est faire du bien.

 

Tout cela j’en suis bénéficiaire. Cette gratitude peut s’étendre au passé : notre pays, sa culture, sa langue.

 

Des km de merci peuvent ainsi entrer en nous.

 

Merci pour…

 

Le conducteur de train… les ouvriers qui ont construit la maison etc

 

Cette forme de prière est très importante

 

C’est un lieu de guérison : s’éloigner des rivages de la mauvaise tristesse, de la sinistrose, de la méfiance, de l’ingratitude, de l’irréalisme, de la mentalité du tout es dû, et où tout est à prendre comme une proie, pour entrer dans une autre logique, la logique eucharistique où tout est don à recevoir.

 

Sr Michèle Jeunet, Rc

Article déjà paru sur :

http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/2017/07/dieu-m-aime-tel-le-que-je-suis.html

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