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12e JOURNÉE MONDIALE DE LA PRÉVENTION DU SUICIDE / 12a GIORNATA MONDIALE DELLA

 

12e JOURNÉE MONDIALE DE LA PRÉVENTION DU SUICIDE, HOMMAGE À RICHARD

J’ai connu Richard en 1970. Je le trouvais grand, mince, absolument verbomoteur, bruyant et sympathique. Pour l’adolescente réservée que j’étais, il me paraissait capable de briser toutes les limites, de surmonter les obligations, de contourner les principes et de rire partout. Je n’étais pas amoureuse de lui mais je le considérais comme une nouveauté désinvolte, voire sans gêne et vergogne.

Il m’amusait, il m’amusait tellement.

J’aimais le suivre de loin au restaurant et l’entendre parler fort de façon comique mais toujours à peu près attentive à l’autre. Il avait un cœur d’or et une sensibilité d’enfant de laquelle il ne s’est jamais déparé.

Au cours des années qui ont suivi, Richard est devenu un géant. Costaud, immense, tapageur, parfois adorable mais presqu’épuisant.

Au début de notre vie d’adulte, un été, après avoir défoncé de ses deux mains les armoires de sa cuisine, il a été diagnostiqué bipolaire et hospitalisé.

À l’hôpital, alors que j’ai vu ce grand oiseau blessé, je ne me suis pas doutée que je le reverrais dans cet état de nombreuses fois au cours de notre existence.

À de multiples reprises, ses ailes déployées, alourdies jusqu’à s’étendre immobiles sur le sol, l’ont empêché de prendre son envol, obligeant son quotidien trop souvent douloureux à porter le poids d’un cœur malheureux. Un cœur qui ne savait plus rire.

Un 24 mai ensoleillé, Richard a rejoint volontairement le ciel.

On a dit de lui qu’il s’est donné une autre vie.

Je le crois.

Sa sensibilité d’enfant plane encore de temps en temps autour de nous.

Elle se fait souvenir. Inexpliqué, inexplicable.

On a dit de lui qu’il s’est donné une autre vie.

 

12a GIORNATA MONDIALE DELLA PREVENZIONE DEL SUICIDIO, OMAGGIO A  RICHARD

Ho conosciuto Richard nel 1970. Lo trovavo alto, magro, chiacchierone, rumoroso e simpatico. Per l’adolescente riservata che ero, mi sembrava capace di oltrepassare tutti i limiti, di superare tutti gli obblighi, di aggirare i principi e di ridere dovunque. Non ero innamorata di lui ma lo consideravo come una novità, disinvolto, senza imbarazzo e vergogna.

Mi divertiva, mi divertiva talmente.

Mi piaceva seguirlo da lontano al ristorante e sentirlo parlare forte in modo comico ma sempre in certo modo attento all’altro. Aveva un cuore d’oro e una sensibilità infantile della quale non si è mai liberato.

Nel corso degli anni seguenti, Richard è diventato un gigante. Ben piantato, immenso, chiassoso, a volte adorabile ma quasi estenuante.

All’inizio della nostra vita di adulti, dopo aver sfondato con le mani gli armadi della sua cucina, è stato diagnosticato bipolare e ricoverato.

All’ospedale, quando ho visto questo grande uccello ferito, non ho sospettato che lo avrei rivisto in quello stato molte volte nel corso della nostra esistenza.

A parecchie riprese le sue ali spiegate, rese pesanti al punto da allargarsi immobili per terra, gli hanno impedito di riprendere il volo, obbligandolo nei suoi giorni troppo spesso dolorosi a portare il peso di un cuore infelice. Un cuore che non sapeva più ridere.

Un 24 maggio soleggiato, Richard ha raggiunto volontariamente il cielo.

Si è detto di lui che si è dato un’altra vita.

Io lo credo.

La sua sensibilità infantile aleggia ancora ogni tanto intorno a noi.

Essa si fa ricordo. Inspiegato, inspiegabile.

Si è detto di lui che si è dato un’altra vita.

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